Stocker mon vélo dehors tout l’hiver a rouillé une transmission presque neuve

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Bicyclette stockée dehors en hiver avec transmission presque neuve rouillée par l'humidité

Ma chaîne de vélo a craqué au premier tour de pédale, dans la cour de Dijon, et des plaques orange barraient déjà le dessous des maillons. J’avais laissé le vélo dehors tout l’hiver, sous une housse qui collait encore au pédalier. Quand j’ai passé un chiffon blanc, il est ressorti marron puis orange. J’ai compris, d’un coup, que la facture de 147 euros n’était pas une mauvaise blague mais le prix de ma négligence. J’ai eu la gorge serrée, parce que le vélo sortait presque du carton six mois plus tôt.

Là où le problème m’a sauté aux yeux

Le vélo dormait dehors, dans ma cour ouverte au vent, juste à côté du mur où l’eau coulait encore après la pluie. Entre le boulot, ma femme et mes deux enfants, je n’avais pas envie de descendre l’escalier pour le ranger plus loin. J’ai laissé faire, parce qu’une housse me paraissait suffisante. À Dijon, le sol restait humide longtemps, et je me racontais que ça tiendrait bien un hiver. Mauvais calcul.

En tant que mécanicien, j’ai vu assez de chaînes piquées pour savoir ce que fait un hiver dehors. J’étais sûr de moi, pourtant j’ai laissé le vélo sous une housse non respirante, directement posé sur les dalles froides. Je n’avais pas nettoyé la chaîne après la dernière sortie humide, et je l’avais laissée sale en me disant que je m’en occuperais plus tard. J’ai été convaincu par ma propre paresse, pas par une vraie logique. Le soir, je passais devant le vélo sans le regarder, et je me suis retrouvé avec une rouille qui avançait déjà.

Je suis rentré un soir de janvier avec les gants mouillés, j’ai posé le vélo sur les dalles, et je n’ai rien essuyé. La chaîne avait déjà bu trois pluies, puis un redoux. Le premier petit crissement sec au pédalage m’a agacé, puis j’ai entendu ce cliquetis de chaîne sale que je connais trop bien. Je me suis retrouvé à penser qu’un simple voile brun n’était que de la surface. C’était le piège.

Depuis mes années comme mécanicien, je sais que la corrosion attaque d’abord l’intérieur des rouleaux et des axes, ce qu’on ne voit pas au premier coup d’œil, et la condensation sous la housse a accéléré la rouille. Sous la housse, le matin, je voyais des gouttelettes sur la chaîne et les pignons. Les dents des pignons avaient encore un aspect correct, mais les rouleaux étaient déjà piqués. Le dessous de la chaîne restait plus attaqué que le dessus, parce que l’eau remontait des projections et stagnait là. C’est ce décalage qui m’a trompé.

Trois semaines plus tard, la surprise s’est confirmée et la facture est tombée

Trois semaines plus tard, au premier beau samedi, j’ai sorti le seau, la brosse et un chiffon propre. La chaîne rendait une poudre brunâtre dès que je la faisais tourner à la main. Un maillon restait dur au pliage, et ça ne m’a pas plu du tout. Le chiffon revenait marron au premier passage, puis orange sur les derniers maillons. Là, je n’avais plus un doute, j’avais un problème qui avait pris de l’avance. Mon verdict était simple : la transmission n’était déjà plus saine.

Les galets de dérailleur ont été le vrai mauvais signe. Ils tournaient moins librement, avec un petit bruit de sable. J’ai ouvert le dérailleur sans forcer, et j’ai trouvé une pâte noire mêlée de rouille et de crasse. J’ai été frappé par le contraste. La cassette avait encore des dents propres en apparence, pendant que les galets commençaient déjà à grincer. Le vélo paraissait presque sain de loin, mais il sonnait mal dès qu’on l’écoutait de près.

J’ai chiffré la casse au plus simple. Une chaîne Shimano à remplacer, une cassette SRAM à reprendre, et 18 euros de dégraissant, de lubrifiant et de petites fournitures m’ont amené à 147 euros. J’ai aussi perdu 2 heures 40 au pied de l’établi, sans compter le temps à nettoyer les mains noires et à remettre le dérailleur au bon réglage. Le temps perdu m’a agacé presque autant que l’argent.

J’ai voulu sauver ce qui pouvait l’être. J’ai mis du lubrifiant, puis encore un peu, puis un dernier passage sur les rouleaux. Rien n’a vraiment changé. Les essais de lubrification intensifs n’ont pas suffi, j’ai dû me rendre à l’évidence : la transmission était déjà condamnée, malgré son aspect presque neuf. Le bruit sec au pédalage revenait dès les deux premiers kilomètres. Je suis rentré avec cette impression bête d’avoir brûlé un vélo presque neuf pour économiser un abri.

Ce que j’aurais dû faire avant de laisser mon vélo dehors tout l’hiver

Ce qui m’a sauté aux yeux après coup, c’est la facilité avec laquelle je m’étais raconté une histoire. Un vélo sale après la pluie, ce n’est pas encore une transmission perdue. Moi, j’avais laissé passer une semaine, puis deux, puis encore le froid de février. J’avais surtout sous-estimé la housse fermée. Elle gardait le vélo couvert, oui, mais elle gardait aussi l’humidité. Le matin, la condensation brillait sur la chaîne comme une fine sueur froide.

Le nettoyage qui m’aurait évité ça tenait en peu de choses. Un essuyage sérieux, un séchage complet, puis une lubrification sur une chaîne propre avant de remettre le vélo dehors. Je l’ai compris trop tard, avec mes deux enfants déjà impatients de reprendre les petites sorties du dimanche. À force d’aller vite, j’avais laissé la crasse faire son travail. Et le jet d’eau m’a aussi joué un sale tour, parce que j’avais rincé une première fois sans relubrifier derrière.

  • un petit crissement sec dès les premiers coups de pédale
  • un point dur quand je faisais tourner la pédale à la main
  • un voile brun sur le dessous de la chaîne, avec des gouttes sous la housse au matin

Le jet a fait le reste. L’eau est entrée dans les maillons, puis elle est restée là quand le vélo a séché dehors. La chaîne sonnait plus creux, les rouleaux accrochaient, et j’ai vu que les dents des pignons pouvaient encore paraître correctes pendant que l’intérieur du maillon souffrait déjà. Ce décalage entre l’apparence et l’usure m’a coûté cher.

La facture qui m’a fait mal et ce que je ferai différemment la prochaine fois

Au final, la note de 147 euros m’a fait plus mal que la pluie. J’avais perdu une transmission presque neuve en moins de 4 mois, juste parce que je croyais qu’une housse réglerait tout. J’ai passé une soirée entière à démonter, frotter, recontrôler les galets, puis à refaire un réglage de dérailleur qui n’avait rien demandé. Le pire, c’était la sensation de jeter du matériel encore propre à l’œil.

Ce que je sais maintenant, c’est que l’hiver ne laisse pas le même visage aux pièces. La chaîne prend de l’intérieur, la housse piège l’humidité, et le bruit de crécelle arrive avant la casse. J’ai compris ça à la dure, en regardant mes mains noires sur l’établi, pendant que la lumière tombait sur Dijon. Mon travail de mécanicien m’a appris beaucoup de choses, mais pas à me pardonner une erreur aussi bête. Pour quelqu’un qui accepte de laisser son vélo dehors, 147 euros partent très vite.

J’ai fini par donner le vélo à un atelier de la rue Monge pour le dernier contrôle, parce que je ne voulais pas jouer au devin avec un galet déjà fatigué. Là, j’ai vu que je n’avais plus envie de bricoler au hasard. Moi, j’aurais voulu savoir plus tôt qu’une chaîne peut être à refaire après 3 mois et 11 jours dehors, dès qu’il y a pluie et gel, avec un bruit anormal qui tombe dès les premiers kilomètres. J’aurais dû éviter cette housse fermée, et ça m’a laissé un goût amer que je traîne encore.

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La rédaction