Mon compteur gps d’entrée de gamme a clignoté au guidon devant le Parc de la Colombière, pendant que mon téléphone chauffait déjà dans la poche de mon maillot. J’ai lancé les deux appareils un mardi matin, puis je les ai gardés sur 3 semaines de sorties, entre rues serrées, arbres denses et boulevards ouverts. Le compteur GPS s’allume et commence à enregistrer la sortie sans interruption. J’ai comparé les traces après chaque retour, avec les mêmes boucles et les mêmes arrêts, pour voir lequel tenait sans tricher.
Comment j’ai testé mon compteur et mon téléphone en conditions réelles
Je suis parti quatre fois par semaine, pour des sorties de 1 heure 20 ou 1 heure 50, avec le même vélo et la même fixation. Je passais par des rues étroites, puis par une piste cyclable sous les arbres, puis par des portions plus ouvertes pour voir les écarts. Je notais le départ, le retour et le comportement des deux appareils quand je m’arrêtais à un feu. Un matin, mes deux enfants m’ont retardé de 7 minutes, et j’ai gardé la même méthode pour ne pas tordre le test.
J’ai monté un compteur GPS d’entrée de gamme à écran monochrome, récupéré pour ce test, et un smartphone Android milieu de gamme avec une appli GPS dédiée. J’ai activé le mode GPS haute précision et la luminosité maximale sur le téléphone, puis j’ai laissé le compteur sur ses réglages de base. Le compteur avait des boutons physiques, et le téléphone restait dans un support ouvert au départ, puis par moments dans la poche. Je voulais voir ce que ça donnait quand la batterie du mobile commençait à descendre.
Je voulais mesurer la stabilité de la trace, le temps de fix GPS, l’autonomie, la lisibilité en plein soleil et les erreurs en virage serré. Je regardais aussi l’icône de satellites, le passage au vert, les sauts de vitesse instantanée et les petites coupures à l’export GPX. Depuis mes années comme mécanicien, je sais que le détail qui fâche se cache au départ, pas à la fin. Mon travail de mécanicien m’a appris que le premier symptôme compte plus que la fiche propre sur le papier.
Le moment où j’ai vu que ça coinçait
Je me suis retrouvé un mardi sous les arcades, avec l’icône de satellites qui restait grise presque 40 secondes. Le compteur a fini par s’accrocher proprement, mais le téléphone affichait déjà une trace de départ décalée de quelques mètres. J’ai vu une petite trace en S de 4 mètres alors que le vélo n’avait presque pas bougé. J’ai été frappé par ce départ bancal, parce que le compteur, lui, attendait sans s’affoler.
Sous les arbres, j’ai vu la carte hésiter entre deux rues proches, et la vitesse instantanée sautait d’un point à l’autre. Le téléphone dessinait des zigzags, puis une coupure au moment du virage, alors que le compteur gardait une ligne plus propre. Quand j’ai démarré l’enregistrement sans attendre le fix propre, la trace a commencé à côté de la vraie position. Je me suis senti un peu bête, parce que ce mauvais départ venait de mon impatience, pas de l’appareil.
J’ai senti la coque de mon téléphone devenir brûlante au bout de 30 minutes. Le compteur restait froid au toucher, et cela a clairement impacté la qualité du fix GPS. La luminosité du mobile est tombée d’un cran, puis l’écran a ralenti au feu rouge. J’ai vu la batterie chuter de un tiers environ en 38 minutes, pendant que le compteur gardait encore de la marge.
Quand j’ai laissé le téléphone dans la poche avec l’écran allumé, la chauffe est montée plus vite et la trace finale a fini par se couper. J’ai aussi vu l’appli de suivi s’arrêter en arrière-plan dès que j’avais poussé les économies d’énergie trop loin. Je suis rentré avec un téléphone vidé et un compteur encore lisible, et je n’ai pas cherché plus loin ce soir-là. Pas terrible. Vraiment pas terrible.
Trois semaines plus tard, la surprise en comparant les traces
Sur 12 sorties, j’ai compté 12 heures d’autonomie pour le compteur et 5 heures en moyenne pour le téléphone. Le téléphone accrochait par moments en 20 secondes, le compteur en 25 secondes, mais le mobile partait plus de travers au départ. J’ai noté la même chose sur les trajets de retour, avec une batterie qui descendait plus vite dès que j’activais l’écran. Le premier chiffre qui m’a sauté aux yeux, c’est la marge laissée par le compteur au moment de rentrer.
| point | mon constat | chiffre |
|---|---|---|
| autonomie | compteur plus serein | 12 h |
| autonomie téléphone | batterie plus courte | 5 h |
| fix gps | départ plus net sur le compteur | 25 s / 20 s |
| trace gpx | trou au milieu sur le mobile | 10 min |
En relisant les fichiers GPX, j’ai découvert que le téléphone avait coupé l’enregistrement pendant près de 10 minutes à mi-parcours. Le compteur avait gardé une trace complète et cohérente. Dans les virages serrés, le téléphone coupait par moments le trottoir, alors que le compteur gardait une trajectoire moins hachée. J’ai vu aussi une dérive légère de l’altitude GPS, avec quelques mètres de D+ qui disparaissaient d’un export à l’autre.
En plein midi, l’écran monochrome du compteur restait lisible sans incliner le guidon, même avec le soleil sur le cintre. Le téléphone, lui, baissait sa luminosité et devenait pénible à lire, surtout sous la pluie fine ou avec mes gants. J’ai perdu deux appuis tactiles avant d’ouvrir la bonne page, et ça m’a ralenti au moment de repartir. Les boutons physiques du compteur m’ont fait gagner du temps, parce que mes doigts étaient mouillés.
J’ai fini par réserver le téléphone à l’appoint et laisser le compteur gérer l’enregistrement principal. Je lançais le compteur avant de quitter la maison, puis j’attendais l’icône verte avant de bouger. J’ai aussi coupé les économies d’énergie sur le smartphone, mais je n’ai jamais retrouvé la même tranquillité. Ce réglage simple m’a évité un trou bête au milieu d’une boucle.
Mon verdict après ce test : quand le basique fait mieux que le sophistiqué
Pour moi, le point fort reste le binôme autonomie et lisibilité, et j’ai été convaincu par sa stabilité. J’ai roulé sans me demander si la batterie allait tomber à plat avant le retour. Le compteur encaisse 12 heures dans ma pratique, et la trace reste plus nette quand la ville se resserre. Sur les boucles autour du Parc de la Colombière, je l’ai trouvé plus serein que le téléphone.
Je ne lui colle pas une précision parfaite à basse vitesse, ni sous un couvert très dense. L’interface reste rustique, et la synchronisation avec l’application m’a laissé attendre plus que prévu. Quand je voulais vérifier une batterie de téléphone qui chutait trop vite, je me suis arrêté à ces constats, et j’ai laissé le diagnostic à un réparateur. J’ai aussi noté une petite dérive de l’altitude, juste assez pour brouiller un D+ sur une sortie.
Pour quelqu’un qui accepte un écran simple et qui veut une trace fiable en ville, ce compteur me paraît plus serein que le téléphone. Pour quelqu’un qui cherche des réglages avancés, des cartes riches et un suivi plus fin, j’ai trouvé le smartphone plus souple, mais moins sûr. Je garde ce jugement parce que le terrain m’a montré la même chose à chaque retour. Le choix se joue moins sur le prestige que sur la sortie qui finit entière.
Quand je veux une navigation secondaire, je garde le téléphone dans la poche, pas sur le guidon. Si j’avais besoin de fonctions, je changerais simplement de catégorie, mais ce n’est pas ce test. Au retour par la place Darcy, j’ai gardé la même impression: le basique a mieux gardé la trace. Je termine sur ce constat, simple et sec: le compteur GPS a mieux tenu la route que mon téléphone, et c’est ce que je retiens.



