Le VTT électrique n’enlève pas l’effort, il le déplace

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Photo réaliste d’un VTT électrique sur un sentier montagneux illustrant l’effort déplacé, lumière dorée

Sur le faux plat qui file vers le lac Kir, la coupure à 25 km/h m’a pris de court. Le moteur s’est tu, et le vélo a basculé dans un silence lourd. J’ai senti le cadre tirer sous mes jambes, puis le vent m’a paru plus sec. Avec mes deux enfants, je n’aime pas les sorties qui traînent, alors ce détail m’a accroché. En tant que mécanicien, j’ai fini par regarder ça sans fard. Je vais te dire pour qui ce VTTAE vaut le coup, et pour qui il devient un piège.

J’ai vite compris que l’effort ne disparaît pas, il change de place

Je suis parti avec l’idée qu’un VTTAE allait avaler l’effort. J’avais en tête des montées plus faciles, des sorties de 30 km sans finir rincé, et un plaisir plus net dès la première côte.

J’ai été convaincu dès les premiers mètres que le moteur allait me ménager les jambes. Puis j’ai vu le vrai tableau. Le vélo aide, oui, mais il pousse aussi à rouler plus loin et plus haut.

Je roule plusieurs fois en VTT, pas pour faire le malin, mais pour garder un peu de souffle entre deux semaines chargées. Avec mes deux enfants, je cale mes sorties quand je peux, pas quand le ciel m’arrange. Je cherche donc un vélo qui me laisse enchaîner sans me vider. C’est là que le VTTAE m’a parlé.

La claque est venue sur une sortie vers Talant, dans un faux plat descendant qui semblait anodin. L’assistance a coupé net à 25 km/h, et j’ai eu l’impression que quelqu’un avait posé une main sur le frein. Le vélo n’a pas ralenti d’un coup, mais il a cessé de porter. J’ai dû tenir le cap, relancer, corriger la ligne, et le poids s’est invité partout.

Le truc que j’avais sous-estimé, c’est ce seuil psychologique. En dessous, tout paraît fluide. Au-dessus, le vélo devient un gros VTT sans aide, et la différence se sent dans les mollets comme dans la tête. J’ai été frappé par le petit sifflement du moteur central à faible cadence, surtout en mode fort sur une rampe longue.

Puis la relance courte m’a montré autre chose. Le vélo poussait encore un instant après que j’avais levé la pression sur les pédales. C’est discret, mais ça change le pilotage. J’ai été frappé aussi par le moment où j’ai compris que cette machine me demandait une vraie lecture de terrain, pas juste de pousser plus fort.

Depuis mes années comme mécanicien, je sais que le détail qui paraît minuscule finit par commander le ressenti. En tant que mécanicien, j’ai aussi vu qu’un seuil mal vécu peut gâcher une sortie entière. Sur ce vélo, la coupure ne m’a pas gêné dans les pourcentages raides. Elle m’a gêné dans tout ce qui suit, quand je dois relancer proprement sans se crisper.

Ce que j’ai fini par comprendre, c’est que l’assistance ne supprime pas la fatigue, elle la répartit autrement. Les jambes travaillent moins fort dans les pourcentages, mais les bras, les épaules et la concentration prennent le relais. J’ai eu ce déclic au retour, dans une portion roulante, quand j’étais plus entamé qu’avec un VTT classique sur une sortie plus courte. Le piège est là, et il est très bête.

Les galères techniques et les erreurs que j’ai faites (et que tu peux éviter)

Le premier vrai caillou, c’est le poids. À 23 kg, le vélo ne pardonne pas dans les épingles serrées ni dans un portage un peu raide. J’ai failli lâcher l’affaire dans une montée technique près d’un sous-bois, avec une marche à passer et la roue avant qui cherchait sa ligne. Le cadre tirait vers le bas, le guidon cognait mes poignets, et chaque demi-tour demandait de la patience.

La batterie m’a remis à ma place dès la première grosse montée. J’ai roulé en Turbo, parce que j’étais parti un peu trop confiant, et la jauge a perdu deux barres d’un coup. Le froid du matin n’a rien arrangé. En moins d’une heure, j’ai compris que l’autonomie partait plus vite que prévu quand je restais en assistance forte tout le temps sur les premières côtes.

C’est bête, mais je pensais tenir large. Je me suis retrouvé à surveiller l’écran plus qu’à regarder la trace. Quand la batterie chute rapidement comme ça, on change de sortie sans prévenir. On ne pense plus à attaquer les bosses, on pense à économiser chaque relance. Et ça, ça casse le plaisir.

Le cliquetis de chaîne lors d’un passage de vitesse sous charge, je l’ai entendu deux fois de trop. Le bruit sec venait à chaque fois d’un changement fait trop tôt, moteur encore appuyé, jambe encore lourde. Après 2 000 km, la transmission a commencé à marquer plus vite que sur mes autres vélos. La cassette a pris du jeu, et le passage est devenu moins net.

Je n’ai pas besoin d’un grand discours pour ça. Si tu changes sans alléger, tu paies l’addition plus tard. En ville, ça passe encore. Dans le technique, ça se sent tout de suite, avec un bruit qui n’annonce rien de bon.

En descente longue, c’est le freinage qui m’a fait grimacer. J’ai sous-estimé la masse du vélo dans une forêt humide, et les leviers sont devenus plus longs au fil des minutes. Le mordant baissait, mes mains se fatiguaient, et je serrais plus que je ne freinais.

Je suis rentré avec les avant-bras durs comme du bois. Pas terrible. Vraiment pas terrible. Depuis, je freine plus tôt et plus souplement, sinon ça chauffe trop vite.

Sur terrain gras, le moteur peut te trahir si tu lui demandes trop à basse cadence. J’ai voulu repartir vite dans une côte cassante, la roue arrière a patiné, puis elle a chassé sur une racine mouillée. J’ai posé pied à terre, avec un agacement bien réel. Le problème n’était pas le vélo, c’était ma manière d’insister.

En montant plus rond, en gardant plus de cadence et un peu moins d’assistance, le pneu a enfin mordu. J’ai aussi vu qu’un vélo vide ne pardonne rien. Quand la batterie est à plat, le moindre faux plat devient lourd, presque pénible à manœuvrer. Là, tu comprends que tu ne rentres pas comme avec un VTT classique.

J’ai aussi remarqué un autre détail, plus sournois. Sur une rampe longue, en mode fort, le moteur devient plus présent, puis un peu moins vaillant par paliers quand il chauffe. Ce n’est pas spectaculaire, mais tu le sens dans la continuité de l’effort.

Le vélo garde sa fonction, seulement la réponse devient moins vive. Là encore, le poids et la chaleur se rappellent à toi en même temps. C’est dans ces moments-là que je me suis retrouvé à couper un peu l’ambition pour garder du contrôle.

J’ai appris à gérer l’assistance pour garder le plaisir et ne pas me brûler

J’ai changé ma manière de rouler, et ça a tout calmé. J’utilise l’assistance forte seulement dans les gros pourcentages, pas sur les premières rampes par réflexe. J’ai aussi appris à mouliner plus proprement, avec des passages de vitesses plus anticipés.

Mon travail de mécanicien m’a appris qu’un changement sec sous charge laisse toujours une trace quelque part. Depuis, la transmission chante moins et la batterie tient mieux. Je sens moins les à-coups, et le vélo me renvoie un comportement plus propre. Ça change la sortie dès les premiers hectomètres.

Le vrai gain, pour moi, n’est pas d’aller plus vite. C’est de rentrer sans être vidé, même quand j’ai calé la sortie entre deux devoirs des enfants et un quart d’heure de retard. Avec mes deux enfants, j’ai fini par choisir des boucles plus courtes, mais plus denses. Là, le VTTAE a du sens.

Je me suis senti plus libre, parce que je pouvais sortir une heure et rentrer encore capable de porter les sacs de courses. J’ai été convaincu qu’il fallait apprivoiser la coupure à 25 km/h au lieu de la subir. Maintenant, je la lis avant qu’elle arrive. Sur les faux plats descendants, j’anticipe la relance, et je garde un peu de marge pour la suite.

Le mur invisible existe toujours, mais il me surprend moins. Je ne le cherche plus, je le gère. En sortie de 45 minutes vers la route de Plombières, j’ai retrouvé du plaisir quand j’ai arrêté de lutter contre le moteur. Je roulais avec lui, pas contre lui.

  • Le VTT musculaire garde mon respect quand je veux une machine plus légère, plus simple à lever et plus nerveuse dans les virages.
  • Un VTTAE à moteur roue m’a paru plus discret dans certaines relances, mais je l’ai trouvé moins naturel dans les montées techniques.
  • Un VTTAE avec assistance plus progressive me semble plus reposant pour les sorties longues, à condition d’accepter un vélo encore lourd.

Je n’ai pas besoin d’une fiche pour voir que l’effort reste bien réel. Il change de forme, voilà tout. Les jambes travaillent, mais le cerveau compte aussi, parce qu’je dois garder le bon mode, la bonne cadence et le bon freinage.

En sortie de 45 minutes vers le parc de la Colombière, j’ai retrouvé du plaisir quand j’ai arrêté de lutter contre le moteur. Je roulais avec lui, pas contre lui. Ce petit changement de posture m’a rendu la machine plus lisible, et la sortie plus propre.

Mon verdict, franc, selon ton usage

POUR QUI OUI. Je le vois bien pour celui qui sort une ou deux fois par semaine, avec 1 heure devant lui, et qui veut enchaîner des boucles de 20 à 40 km sans finir rincé. Je le vois aussi pour le cycliste qui accepte de gérer une batterie, un poids et une coupure nette à 25 km/h. Et je le vois encore pour celui qui aime les sorties avec du relief, parce que le VTTAE laisse passer plusieurs montées sans vider complètement les jambes.

POUR QUI NON. Je le déconseille au puriste qui veut un vélo sous les 15 kg, des portages faciles et une sensation identique à un VTT classique. Je le déconseille aussi à celui qui déteste surveiller sa jauge ou qui veut oublier la transmission sous charge. Je le déconseille enfin à celui qui roule surtout sur terrain roulant, car la masse se fait sentir sans rien apporter de décisif.

Mon verdict : pour un profil comme le mien, qui accepte de gérer l’autonomie, le poids et la coupure à 25 km/h, le VTTAE vaut le coup. Sur le retour du lac Kir, j’ai vu la différence entre un vélo qui aide et un vélo qui te laisse tout porter au mauvais moment. Pour moi c’est oui, mais seulement si tu sais que le plaisir passe par plus de gestion, pas par moins d’effort.

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La rédaction